Abel Gance, il suo Napoléon

Napoleon_2  Abel Gance espone la concezione tematica del suo Napoleone

Napoléon c’est Prométhée.

Il ne s’agit pas ici de morale ni de politique, mais d’art. Quelle existence dès lors fut plus tragique que celle de l’homme qui écrivit cette phrase : ” Toute ma vie, j’ai tout sacrifié, tranquillité, Intérêt, bonheur, à ma destinée. Ce n’est donc pas pour réaliser un ” film historique ” banal que j’ai tenté  de ressusciter, dans le langage des images, la prodigieuse figure de celui qui se proclama lui-même une parcelle de rocher lancé dans  l’espace: mais parce que Napoléon est un abrégé du monde.

Mes premières recherches se portèrent vers le choix d’un style cinématographique susceptible d’atteindre un tel but. J’avais pensé, depuis ” La Roue “, que l’on pourrait toujours ” émouvir ” en dehors de la signification dramatique des images. De là, nécessité de nouveaux apports technique de prisos de vues pour assouplir le style cinématographique.

Parmi ces apports figure le triple écran. Dans un des chapitres de mon film ” Corse et Convention “, je me suis servi du triple écran en y combinant trois expressions : physiologique, cérébrale et affective. Je demande un effort de compréhension et de fusion de ces trois éléments à la  même seconde, que dis-je, au seizième de seconde, et j’ai pu constater que si l’un de ces èlèments me quitte, les deux autres m’abandonnent aussitôt. Que le coeurs, les esprits et les yeux restent ouverts au moins à l’indulgence.

Ma tendance générale dans ” Napoléon ” a été celle-ci : faire du spectateur un acteur, le mêler à l’action, l’emporter dans le rytme des images.

J’ai conçu Napoléon comme un homme qui est entraîné vers la guerre par un engrenage formidable et qui assaie toujours et en vain de l’arrêter. A partir de Marengo, la guerre est devenue sa fatalité. Il fait tous ses efforts pour l’éviter. mais il est obligé de la subir. Là est le drame.

Napoléon c’est le conflit perpétuel entre le grand révilutionnaire qui voulait la Révolution dans la paix et faisait la guerre dans l’espoir d’étabilir une paix définitive.

L’aveu le voici dans une lettre à Fiévée : ” Je fais l’essai de mes forces contre l’Europe. Vous essayez le vôtre contre l’esprit de la Révoltion. Votre ambition est plus grande que la mienne et j’ai plus chances de réussir que vous  “.

Et cette terrible condamnation plus tard : la guerre est un anachronism… Les victoires s’accompliront un jour sans canons et sans baïonnettes.

C’est un être dont les bras ne sont pas assez grands pour serrer quelque chose de plus grand que lui : la Révolution.

Napoléon est un paraxisme dans son époque, laquelle est un paroxisme dans le Temps.

Et le cinéma, pour moi, est le paroxisme de la vie.

Fonti :

Cinemalia 1 gennaio 1928

Cinéa-ciné

 

 

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